Rue de Candolle (première partie)

Par Morant le 21 juillet 2021 3
Dans Expériences de candaulistes

Bonjour à toutes et tous.
Cela fait maintenant presque six ans que ma femme, Eli, a commencé à avoir des amants. J’ai publié près d’un an après les deux premières rencontre qu’elle a eu avec son premier amant, sur la base des e-mails que nous nous avions échangé à ce moment-là (voir les deux précédents textes à mon nom sur ce site). Aujourd’hui, je voudrais faire le bilan de ma pratique du candaulisme en racontant ce que nous avons vécu et les évolutions de mon ressenti. Mais il me faut préciser au préalable le couple que nous étions, comment mon fantasme s’est développé et comment j’en ai fait part à ma femme.
J’ai fait connaissance d’Eli au début début des années 2000. Elle est italienne, avec un tempérament parfois méditerranéen, lui faisant apprécier les macho et la virilité masculine. Pendant son adolescence, elle a beaucoup flirté avec des jeunes de son âge, Piazza Del Duomo à Milan, le lieu de rencontre des adolescents étant l’escalier de l’office de tourisme. Elle aimait embrasser, se faire peloter les seins, mais n’avait jamais souhaité aller plus loin. Elle était assez jeune lorsque nous nous sommes rencontrés, nous étions collègue, mais elle avait déjà eu des amants, et avait eu quelques expérience sexuelles. Elle avait même eu une aventure avec un collègue que je connaissais bien. Nous nous sommes mariés, avons eu notre sexualité. Elle aimait que je lui lise des histoires érotiques qu’on trouvait sur le net. Je lui ai lu aussi à haute voix l’ouvrage de Catherine Millet. L’histoire de cette femme l’envoutait un peu. Elle me disait qu’avec d’autres rencontres, elle aurait pu devenir comme elle. J’aimais aussi écrire quelques histoires où je la mettais parfois en scène sans le dire ouvertement, ou j’écrivais des histoires dans lesquelles il y avait deux femme et un homme, un de ses fantasmes. C’était un peu désuet. Je me souviens d’une fois ou elle m’a masturbé très doucement pendant que je lui lisais une de ces histoires…
Après 10 ans de vie commune et de fidélité, notre sexualité était devenue assez routinière. Le script était devenu unique, des caresses rapides que j’accompagnais d’un cunnilingus dont elle était très friande et qui la faisait jouir à chaque fois, puis un coït, d‘abord elle sur moi, ce qui parfois la faisait jouir une deuxième fois. Je la prenais ensuite en levrette et/ou en missionnaire, éjaculant alors assez rapidement, étant moyennement endurant… C’était bien, mais ce n’était pas non plus complètement satisfaisant, ni pour l’un, ni pour l’autre. La trouvant belle et désirable, et me rappelant notamment ses flirts de jeunesse et les hommes qu’elle avait connu avant moi, lui demandant même des détails sur sa vie d’avant, j’ai commencé à imaginer que d’autres hommes puissent la désirer, la regarder, la caresser. Parfois, lorsque nous faisions l’amour, je lui parlais de deux hommes qui la caressaient et prenaient ma place. Elle acceptait ces fantasmes tant qu’il s’agissait d’imagination. Je ne connaissais pas le candaulisme, et ne savais pas mettre un mot sur ce fantasme qui m’obsédait de plus en plus. J’ai fait des recherches sur Internet. Je tombais sur des vidéos cuckold, mais n’arrivais pas à me dire que mon fantasme était celui d’être cocu. J’ai peu à peu appris que ce fantasme avait un nom et une mythologie, en la personne du roi Candaule. J’ai regardé les sites, y compris, candaulisme.com qui existait déjà. J’ai regardé beaucoup de photos aussi, appréciant particulièrement celles où des hommes font le don de leur compagne à d’autres hommes. Je préférais presque ces photos à celles, plus classiques, de maris se masturbant en regardant leur conjointe faire l’amour avec un amant. Le don… Je culpabilisais aussi à réduire ma femme à un objet que l’on donne. Mais les photos et les images, montant des femmes consentantes, les histoires mettant en scène des femmes heureuses de faire l’amour avec des super baiseurs et jouir de plaisir en présence de leur mari, alimentaient mon imaginaire. J’acceptais peu à peu qu’être candauliste, c’est aussi quelque part être cocu, même si c’est avec consentement, mais qu’être candauliste, c’est aussi accepter qu’un amant soit bien plus performant que soi sexuellement. J’incitais Eli à porter des décolletés, de mettre en valeur sa poitrine et de ne pas toujours porter de soutien-gorge. Je scrutais si des hommes la regardaient lorsqu’elle se penchait un peu en avant. Elle sentait que cela me plaisait qu’elle soit regardée, et m’a dit un jour qu’un commerçant avait longuement regardé son buste pendant qu’elle lui demandait un renseignement, alors qu’elle portait une robe particulièrement décolletée mettant en valeur sa poitrine. Pourtant, elle n’imaginait pas la force de mon fantasme, que j’allais jusque envisager qu’elle fasse l’amour et jouisse avec d’autres hommes que moi. Je suis resté longtemps sans lui parler de cette obsession. J’appréhendais qu’elle me prenne pour un fou, ou qu’elle pense que je ne l’aimais plus.
Et puis en 2013-14, nous sommes partis pour le nouvel an à Barcelone, seuls, en amoureux. Aussitôt arrivés à notre hôtel, nous avons baisé. Bien, mais trop rapidement. J’avais le sexe vide. Nous avons passé le réveillon dans un restaurant au bord de la plage, puis nous somme rentrés. Nous n’avons pas refait l’amour en rentrant à l’hôtel ni même le matin. Je la sentais un peu dépitée et je me sentais un peu coupable, même si je voyais en même temps qu’elle ne m’en voulait pas. Il faisait beau, nous nous sommes beaucoup promenés dans Barcelone. Pendant que nous marchions, j’ai aiguillé la conversation sur les fantasmes. Je lui ai demandé quel était son fantasme imaginaire du moment. Elle avait souvent du mal à me les raconter et en gros c’était un peu les mêmes qui revenaient, faire l’amour avec une femme ou avec un homme et une femme. Je lui ai alors révélé que j’aimerais la voir faire l’amour avec d’autres hommes. Elle m’a répondu qu’elle ne le ferait jamais, et qu’en plus, elle ne se voyait surtout pas faire l’amour devant moi. Pendant plusieurs mois, nous n’en avons pas reparlé directement. Parfois, des allusions nous faisaient sourire. Je pense qu’en fait elle y a beaucoup réfléchi. Je crois que son cheminement a été de penser que c’était une grande liberté qui pouvait s’ouvrir à elle. Mais sans doute n’osait-elle pas faire le pas. J’ai fait mon cheminement de mon côté, et accepté de manière hypothétique qu’elle puisse avoir ses aventures de manière indépendante, sans que je ne sois présent lorsqu’elle serait avec un amant Je comprenais aussi que c’est elle qui choisirait ses amants, si elle choisissait d’avoir un ou des amants, même si j’avais parfois envie de chercher pour elle.
Puis est arrivé l’automne 2015. Il y avait cette exposition internationale à Milan et nous avons décidé d’y aller. Nous y avons passé un weekend, et nous avons peu apprécié cette expo très commerciale. En plus nous avons mal mangé et, l’automne arrivant, nous avons eu froid. Je ne savais pas non plus qu’elle était rongée par un sentiment de culpabilité. Nous sommes rentrés chez nous le dimanche soir. Elle a voulu faire l’amour, et un peu perturbé par ce très mauvais w.e., j’ai éjaculé très rapidement alors qu’elle était sur moi, sans qu’elle n’ait joui. Ma jouissance prématurée a été l’occasion qu’elle attendait pour me parler. Elle s’est allongée complètement sur moi, m’enserrant très fortement, sa poitrine contre la mienne, ses jambes sur les miennes, tout son poids sur moi, comme pour m’empêcher de m’échapper et m’a chuchoté dans l’oreille : « Tu te souviens de ce que tu m’as dit à Barcelone ? ». Surpris, je lui ai répondu oui. Elle m’a dit alors être draguée par un collègue qui lui avait fait une proposition très explicite, qu’elle le trouvait beau, et qu’elle avait envie d’avoir une aventure avec lui. Elle m’a demandé la permission de faire l’amour avec lui. J’étais bien sûr interloqué, mais j’ai dit oui. Que je dise oui si facilement, sans tergiverser, l’a interloqué à son tour, mais son désir pour cet homme était très fort. Nous avons parlé de lui durant un moment puis nous nous sommes endormis. Elle lui a téléphoné le lendemain pour accepter sa proposition. Ils ont flirté quelques soirs après le travail, elle revenait et me l’annonçait. Cela me faisait beaucoup d’effet, notamment au niveau de mon sexe, comme un aiguillon qui me donnait l’envie instantanée de bander. Ils ont très vite fait l’amour ensemble (voir les e-mails que nous avons échangés dans mes deux textes précédents). C’était un sud-américain, et elle m’a expliqué qu’il avait un sexe plutôt long, mais surtout épais. Il était très très endurant d’après ce qu’elle me disait. J’ai attendu son retour le premier soir, guettant le SMS qu’elle devait m’écrire pour m’indiquer qu’elle était sortie de chez lui. Elle était partie le matin à son travail et était allée directement chez lui vers 5 heures de l’après-midi. J’étais rentré chez nous vers 6 heures après une réunion de travail dans laquelle je n’avais eu aucune concentration... L’attente à la maison a été longue et m’a beaucoup tourmenté. J’ai reçu le SMS un peu après minuit. Quand elle est revenue une très longue demi-heure après, elle avait des sentiments mélangés en me disant qu’on faisait des bêtises et qu’elle avait pris son pied. On a fait un peu l’amour, mais elle avait mal aux cuisses et au vagin à force d’avoir été pilonnée…
Ils se sont vus une une fois toutes les deux semaines environ, entre novembre et février 2015. Je lui ai demandé dès la deuxième fois de ne plus me demander la permission, et de me dire juste quand elle allait le voir ou éventuellement de me le dire après qu’elle l’ait vu, lui donnant ainsi la possibilité d’improviser un RDV sans qu’elle n’ait besoin de passer par moi. Une fois, elle m’a dit qu’elle avait été chez lui dans la journée, ce qui m’a de nouveau fait un effet instantané d’aiguillon dans le sexe. Cette première aventure s’est arrêtée bêtement parce qu’il devait déménagé et habiter chez sa copine officielle… Elle l’a revu une seule fois, plus d’un an, après dans un hôtel un après-midi, et ils ont fait l’amour pour se dire adieux.

Depuis, ma femme a eu depuis d’autres amants. Je vous raconterai cela une autre fois si vous le souhaitez.

3 commentaires

Rue de Candolle (première partie)

Par Morant le 22 juillet 2021

Bonsoir,
Merci de vos compliments. Je poste la suite bientôt.

Rue de Candolle (première partie)

Par Le Couple le 22 juillet 2021

Bonjour
Merci à vous pour la sincérité et la fluidité de votre témoignage. Cela nous intéresse et aide aussi, le cheminement et les ressentis. La cérébralité est importante comme la psychologie de la pratique, l’évolution de la complicité.
Au plaisir de vous lire

Rue de Candolle (première partie)

Par Cplnat60 le 22 juillet 2021

Merci pour ce récit et sa sincérité
C’est touchant