Un bon ami #4

Par John Lobbe le 10 novembre 2021 3
Dans Expériences de candaulistes

Je n’en n’ai pas parlé tout de suite une fois rentré à la maison. Sans doute devais-je avoir le plaisir sournois d’attendre qu’elle me questionne. J’ai raconté mon week-end, La grande braderie, les moments de chine, les moments de fêtes, les bars, les restos, la folie lilloise, le plaisir d’y être, la franche rigolade, et les frasques de Thomas surtout. Elle suivait mon récit avec attention, s’imaginait très bien le tableau, se doutant même que certaines parties de beuverie étaient sûrement édulcorées. Elle riait des exploits de Thomas que je lui narrais, en ponctuant chaque moment par « c’est bien lui ça ! Il n’est pas croyable ! ». Il y avait beaucoup de tendresse et d’affection dans ses mots. Peut-être même un sentiment de vouloir vivre ces scènes par procuration. Je lui présentais mes trouvailles chinées en broc’ ; on réfléchissait où les installer, on débriefait quoi. En fait, je crois que l’espace du lit doit faire office d’une sorte de confessionnal pour elle. Je remarque qu’à chaque moment de confessions intimes, c’est toujours dans l’ambiance discrète et feutrée de ces quelques mètres carrés matelassés que ses paroles se libèrent. Cette fois ne dérogea pas à la règle. La soirée passé, alors que nous étions installés dans le lit, nous caressant affectueusement dans la pénombre de la chambre avant d’aller trouver le sommeil, elle me demanda doucement, tout en faisant des ronds avec ses doigts sur mon torse :
…Tu lui as parlé… ?
…Oui.
J’ai sentit son cœur s’accélérer un peu, ses ronds sur mon torse se faire moins réguliers.
…Qu’est-ce que tu lui a dit ?
… Ce qu’on s’était dit. Je lui ai d’abord dit que j’avais envie de te voir faire l’amour avec un autre homme ; plus précisément, qu’avec un autre homme, on te fasse l’amour. Ça l’a déjà pas mal surpris. Et puis qu’on en avait parlé, que tu en avais envie aussi mais pas avec n’importe qui…
Je la sentais palpiter, mais je ne pouvais dire si c’était de l’angoisse ou de l’excitation. Un peu des deux sûrement.
…Et qu’est-ce qu’il a dit ?
… Il m’a demandé si c’était quelqu’un en particulier, j’ai répondu oui ; ensuite il m’a demandé qui c’était, et je lui ai répondu que c’était lui…
Elle balbutia :
… Il a réagi comment ?
…Très bien au final. Évidemment, il était franchement désarçonné, il ne savait plus quoi répondre, mais il l’a bien pris à mon avis. Il était très flatté. J’ai ajouté qu’il était le seul avec qui tu voulais faire l’amour en dehors de moi, que tu avais un vrai désir pour lui, que moi j’avais confiance qu’en lui seul, etc. Et voilà.
…Voilà quoi ?
Elle était accrochée à mes lèvres comme une condamnée à mort.
Voilà… Il te trouve très jolie évidemment, et il ne se ferait pas prier pour te baiser je crois, mais il m’a dit qu’il fallait qu’il y réfléchisse, que c’était pas anodin comme expérience. Il a raison. Il m’a promis qu’il nous donnerait une réponse très bientôt, voilà… Après, il m’a raccompagné à la gare, et j’ai pris mon train.
… J’aurais jamais osé en parler comme ça !
… Je sais, c’est pour ça que je l’ai fait. Ça n’a pas été simple ; j’ai attendu jusqu’à la dernière minute avant de me jeter à l’eau. Soit c’était pas le moment, soit j’avais pas le courage…
Tout au long de notre conversation, j’ai senti son corps augmenter en température. Elle prenait conscience que le fantasme commençait à devenir réalité. Elle devait être aussi terrifiée qu’excitée. Ma queue se raidissait à mesure que son corps chauffait. A la fin de notre échange, elle m’embrassa langoureusement, puis elle monta sur moi très progressivement, elle pris mon sexe durci dans une main et le circlut délicatement en elle. Elle me baisa avec une intensité particulière, douce et profonde, calme et passionnée. On n’était pas partis pour faire l’amour ce soir-là. Sans doute que c’était plus que ça ; peut-être une manière d’exorciser ce qu’il se passait, et une promesse à ce qu’il était en train d’advenir.

Les jours passaient. Nous ne parlions plus de Thomas, de notre aveu, de notre fantasme, ni dans le lit, ni ailleurs. Il devait y avoir un peu de superstition dans l’air. En tout cas, il y avait de l’attente, une expectative qui nous rendait silencieux. Les jours passaient et pas de Thomas à l’horizon. Aucune nouvelle. Au bout de trois semaines sans le moindre signe, je commençais à devenir franchement pessimiste. Si je comprenais très bien que ce type d’expériences demandait quand même une certaine dose de réflexion, je trouvais aussi que le temps de réponse était douteusement long pour une occasion de s’envoyer en l’air avec une jolie femme. Je me torturais l’esprit un peu plus chaque jour. Peut-être qu’il a été plus choqué qu’il semblait l’être de cette proposition pour le moins spéciale, et qu’il nous fuit à présent ? Peut-être qu’il est trop poli ; il n’a en réalité aucune attirance pour ma femme, et il évite d’avoir à l’avouer ? Ou bien est-ce qu’il pense que j’ai une autre ambition cachée, beaucoup moins hétérosexuelle qu’annoncée, et ce qu’il imagine être un stratagème le gène suffisamment pour botter discrètement en touche ? Peut-être tout simplement qu’il a oublié ce qu’il s’est passé ou qu’il s’en fout. Le silence de Thomas m’obsédait. Cela faisait maintenant plus d’un mois que je m’étais confié à lui sur le trottoir d’une rue à Lille, et je commençais à me résigner à ne recevoir aucune réponse. Ma femme ne semblait apparemment pas vraiment atteinte, mais je crois qu’elle faisait surtout en sorte de ne pas y penser, pour éviter d’être trop déçue.
Il aura fallu un mois et demi à Thomas pour retrouver mon numéro de téléphone dans son carnet d’adresse. C’est comme ça que j’ai préféré le prendre. Il téléphona en pleine après-midi. Par chance, je ne travaillais pas ce jour-là. C’était comme s’il avait attendu que je sois complètement disponible.
…Salut mon cher ami, comment vous portez-vous ?
…Salut Thomas… Bien je te remercie ! Et… Vous-même ?
… On ne peut mieux très cher ! On ne peut mieux ! Excuse-moi mon pote, j’ai mis du temps à t’appeler, j’ai eu du mal à trouver un moment, je voulais le faire depuis des semaines, c’est d’accord pour tous les trois, ça me plait comme expérience. Si ta femme est toujours partante, bien sûr… Comment tu veux qu’on procède ?
Ce qu’il y a d’admirable chez Thomas, c’est sa faculté à ne pas s’encombrer du décorum.
Ah !… Et bien c’est génial !… heu…comment on procède ? J’en sais rien, je t’avoue, j’y ai pas encore pensé…
…Vous préférez que ça se passe chez vous ?… ou ailleurs ?… Peut-être à l’hôtel ?…
…Heu…je sais pas… à l’hôtel, non je crois pas que ça va lui plaire, ça aurait l’air trop téléphoné, trop glauque je pense… Chez nous… On a les enfants… ça va être compliqué…
…Ah oui ok ! Pas de soucis. Sinon vous venez à Lille, chez moi, on s’organise ça sur un week-end, c’est pas mal, non ?
…ouais c’est pas mal… Faut que je lui en parle…
… Laisse tomber, je vais le faire. Je voudrais lui parler de toute façon. Je pense qu’il faut que je lui parle avant quand même un peu, t’es d’accord avec moi ?
…oui,oui, bien sûr !
Je n’en revenais pas. Alors même que ma femme avait posé la condition de s’entretenir avec lui avant d’entamer quoi que ce soit, voici que de lui-même, Thomas demandait lui aussi comme pré-requis de discuter avec elle.
… Elle n’est pas ici… Elle travaille… Elle sera là ce soir… Je te donne son numéro ?…
…Parfait ! Je l’appelle !… Bises mon pote ! ..
Thomas est d’accord. Putain, Thomas est d’accord ! Thomas a accepté et il va téléphoner à ma femme ! J’y suis. Nous y sommes. Ce qui va suivre finalement ne sera plus que pure logistique. J’ai hâte.
Le soir arriva, et ma femme revint du travail. Bonjour et discussions d’usage. Elle se changea, je nous servi un verre. Quand elle revint dans le salon, elle saisissa le verre que je lui tendais, et elle me dit :
...j’ai eu Thomas aujourd’hui au téléphone.
Elle me disait ça comme si elle me racontait sa séance de roulette chez le dentiste. En fait, elle voulait voir ma réaction à cette annonce, voilà pourquoi elle la livrait de manière si abrupte.
… oui je l’ai eu aussi, c’est moi qui lui ai donné ton numéro, il voulait parler avec toi... Il t’as dit quoi ?
… Tu dois bien le savoir, puisque tu l’as eu toi aussi.
… Il ne m’as pas dit de quoi il voulait te parler. Toi non plus d’ailleurs...
Il y avait une certaine provocation dans notre échange, de la défiance, sans ressentiment aucun, juste par jeu. On se tournait autour, on faisait durer le plaisir.
...Alors ?... De quoi vous avez parlé ?...
… Et bien d’abord, il m’a remercié pour “l’intérêt” que j’avais pour lui, qu’il ne s’y attendait pas du tout, que je lui plaisait beaucoup aussi.... Il m’a expliqué qu’il savait pas trop si c’était vraiment une bonne idée tout ça, rapport à votre amitié et tout, mais qu’après tout on était majeurs et vaccinés, donc que ça nous regardait. Il voulais surtout s’assurer que j’étais vraiment partie prenante dans cette histoire, et pas seulement la femme qui veut faire plaisir à son mec. Ça m’a touché. Il est médecin, c’est normal qu’il s’inquiète de ce genre de truc, c’est son job. Après, il m’a dit que peut-être on pourrait se faire un week-end à Lille, chez lui…
… oui, on en a parlé… C’est sans doute la meilleure idée… Tu lui as répondu quoi ?
… Que c’était une bonne idée effectivement, mais qu’il fallait que je t’en parle...
… Comme moi. On a rien réglé en fait !
… Je lui ai dit que je le rappellerais pour lui dire… Mais fais-le toi, c’est ton pote.
… non, non, c’est bien que ce soit toi qui l’appelle. Tu comptes l’appeler quand ?
… Je sais pas… bientôt !
Un long silence a suivi. Nous nous sommes servi un deuxième verre.
… C’est quoi ton sentiment par rapport à tout ça ? là, maintenant, tout de suite ? A quoi tu penses ?
Autre long silence. Elle me fixait. Elle avait l’air de réfléchir, mais en réalité elle évaluait l’impact de sa prochaine réponse.
… Je pense que si ça ne se fait pas, avec tout ce qui s’est passé, je vais être très déçue. Je vais t’en vouloir, lui en vouloir, et m’en vouloir sûrement. Tu vois, avant de lui parler, je ne savais pas si j’en serais capable ; maintenant la seule chose que j’attends, c’est de baiser avec lui !

Autoroute A1. Nous sommes en direction de Lille. Le week-end a l’air nuageux mais il ne pleut pas. Je sais que nous sommes tous les deux dans un état second. Nous avons confié les enfants à leurs grand-parents. On est samedi, en milieu de matinée, et la route est belle. Je sens notre complicité à son paroxysme, et pourtant nous ne nous parlons quasiment pas. Deux heures nous séparent de l’événement. Deux heures et des poussières. C’est là, et c’est encore très loin. Comment cela va se passer ? Je n’en suis pas encore là. Comment ça va commencer ? ça c’est la question qui m’habite. N’en déplaise aux aficionados des clichés érotiques, mais il n’y a rien de particulièrement sexy dans la tenue de ma femme. Elle est belle et élégante, sans artifice. Un jean, une paire de sneakers pour plus de confort, un chemisier des plus classique, et un manteau de saison. Dans ses affaires, c’est pareil ; on est loin du baise-en-ville des rendez-vous entre cinq et sept : une ou deux tenues de rechange, vêtements et sous-vêtements compris, pas d’ustensile spécial, rien qui fasse rêver en mode pornographique. Juste elle, et sa sensualité naturelle.
A l’approche de Lille, Thomas m’appelle au téléphone. Il sort de sa séance de Ju-Jitsu et m’annonce qu’il vient de se rendre compte qu’il s’est enfermé dehors. Il me propose de réfléchir à un plan B en attendant qu’il trouve une solution, l’hôtel devenant inéluctablement l’unique option. Je raccroche. Il doit me tenir au courant. Catastrophe. Tout s’écroule. Comment pouvait-il me faire ça maintenant ! J’ai un affreux sentiment de loi de Murphy tout-à-coup. J’explique la situation à ma femme.
…Donc on fait quoi maintenant ? Me dit-elle.
… Il cherche une solution, mais il propose que peut-être nous allions à l’hôtel. Je sais pas… t’en penses quoi ?
Elle éclate en sanglots. C’est la douche froide. Tant de semaines d’excitation, d’interrogations, de craintes, de doutes, d’expectatives, de sentiments contradictoires qui s’entremêlent, toute la pression du monde pour surmonter cette morale hétéronormée et monogame, pour rien. Pour que ce projet vole en éclat juste au moment où il est sur le point de se réaliser.
…Je ne vais pas à l’hôtel, je trouve ça glauque, je te l’ai déjà dit.
Ok. On va attendre qu’il nous tienne au courant et on avisera à ce moment-là.
Je prends la mesure de la gravité de l’instant. Si tout doit s’annuler, ce serait pour elle un camouflet tellement violent qu’aucune possibilité ne serait-ce que de proposer à nouveau cette expérience serait inenvisageable. Je ne suis même plus sûr que cela puisse avoir lieu même si les choses s’arrangent. Je suis dépité. Discrètement, j’écris par sms à Thomas pour lui rendre compte de notre situation, le refus de l’hôtel, peut-être pour le motiver à trouver une issue heureuse.
Nous nous garons sur le parking où Thomas habite. On ne parle pas. On attend de ses nouvelles. Des milliards de pensées doivent tourner dans sa tête, mais elle ne laisse rien paraître. Peut-être qu’elle ne veut pas croire au gâchis potentiel. Thomas me répond, enfin :
C’est bon, vous pouvez venir, je suis chez moi, je vous attends.
Je souffle profondément, et je montre le message à ma femme. Son visage s’illumine à nouveau, avec tout de même un air de « ah le bougre » dans les yeux. Nous sortons de la voiture et prenons nos affaires dans le coffre. Dans l’ascenseur qui mène à l’appartement de Thomas, elle me sourit mais je sens une grosse pointe d’appréhension. On y est. Comment ça va se passer ? La question est plus présente que jamais. Nous sonnons et Thomas nous ouvre.
Salut les aminches ! Pardon pour la frayeur de tout à l’heure. Je me suis souvenu que j’avais laissé un jeu de clé à un pote. Je suis allé le chercher.
Salut Thomas, oui le week-end devenait compromis…
Bougre ! Renchéri ma femme en lui faisant la bise ; elle, presque sur la pointe des pieds, lui quasiment plié en deux. - Bonjour Thomas.
Vous devez avoir faim ? On va manger un truc dehors ? Posez vos affaires et on file tout de suite.
Ça marche.
Nous entrons rapidement dans l’appartement. C’est un bel appartement moderne, une cuisine ouverte sur une grande pièce à vivre et au fond un espace salon avec un grand canapé gris très long, un coin bureau à côté du canapé et à côté du bureau, une porte qui mène à la chambre. Nous posons nos affaires sur le plan de travail en îlot de la cuisine et nous quittons l’appartement.
Nous nous rendons à pied dans une rue pavée du vieux Lille. Là, nous nous engouffrons dans le premier resto qu’on voit. Thomas et moi nous faisons plaisirs avec une bière triple quand ma femme préfère un jus de fruit. Nous mangeons simplement un plat, ma femme et thomas choisissent un dessert, moi j’ai encore envie d’une bière. Envie surtout de faire redescendre la pression aussi. On parle de choses et d’autres, les banalités d’usage quand on reprend contact. Thomas nous demande si on a envie de voir des trucs précis à Lille ce week-end, et ma femme lui répond non, sans astuce elle rajoute qu’on le suivra, on lui fait confiance. Nous sortons du restaurant et retournons à l’appartement. Thomas se déchausse et s’affale sur le canapé, ma femme part aux toilettes. Je m’assoie à l’autre bout du canapé en prenant soin de laisser un espace suffisant entre lui et moi.
Je vais faire une micro sieste si ça vous dérange pas, dit Thomas, vous pouvez utiliser la chambre si vous voulez vous allonger aussi. Ou bien regarder la Tv si ça vous dit, ça ne me dérange pas.
Ma femme nous rejoint et prend place entre nous deux. Je ne suis pas prêt de m’assoupir et elle non plus. Ça c’est certain. Mais nous jouons le jeu et tandis que Thomas somnolent apparemment, nous nous détendons doucement l’un contre l’autre. Je passe ma main dans ses cheveux, elle relâche la tête et me caresse gentiment la cuisse. Nous nous embrassons. Je la tiens tendrement à l’épaule et l’amène un peu plus vers moi. Nous nous embrassons à nouveau. Un baiser long et humide. Je sens qu’elle est en désir. Je l’embrasse de manière plus appuyée encore, à demi monté sur elle, je lui caresse la cuisse. Elle ne retient pas mes audaces malgré qu’on ne soit pas seul, ce qui n’est pas son genre. Très pudique, elle ne se laisse jamais peloter en public. Cela prouve qu’elle est sur le bon mode. Mais qu’attend-elle pour aller vers lui ? Et lui ? Qu’est-ce qu’il fout à dormir ? Ou faire semblant de dormir ? Pourquoi il se lance pas ? Qu’est-ce qu’il attend ? Comment ça doit se passer ? Mille questions qui renforcent ma détermination. Nous y sommes presque. Encore une pichenette pour qu’enfin tout bascule. C’est les moments que je préfère, ces moments uniques où ça bascule, où on passe du rien au tout. Je pourrais revivre ces instants à l’infini, car c’est là qu’est la vraie jouissance, la belle apocalypse. Mon désir monte en même temps que mon impatience. Je l’embrasse fougueusement. C’est sexuel maintenant, c’est évident. Je passe ma main dans son entre-cuisse, je lui caresse le sexe par-dessus son pantalon, elle ouvre ses jambes légèrement. Du bout de son pouce et son index, elle me presse délicatement le gland au travers de mon jean, par connivence sûrement, mais peut-être aussi pour valider ma bonne disposition à ce qu’il est en train d’arriver. J’utilise la main qui était autour de son cou pour la descendre sur sa poitrine et dégrafer les deux ou trois premiers boutons. Je dégage les pans du chemisier pour rendre visible son soutien-gorge. Je sens qu’elle est prête à ce que j’aille encore plus loin. De l’autre côté du canapé, Thomas reste impassible. Il doit vraiment dormir, ce con. Où attend-il un feu vert, suivant la scène sans bouger ? Un moment encore plus propice pour entrer en scène ? Quel moment serait plus propice que maintenant ? Allez ! Lance-toi ! Tout le monde attend ! Je déboutonne son pantalon et tire sa braguette. Je l’ouvre suffisamment pour faire apparaître sa culotte. J’enfouie ma main sur la fine lingerie, je l’effleure doucement, je sens son sexe bouillant, je n’irais pas plus loin. Je veux maintenir le supplice du désir au point où il est là, pour l’offrir pleinement quand le moment arrivera. Le chemisier ouvert sur sa poitrine, le pantalon entrebâillé qui offre sa culotte, elle prend plaisir à son exhibition, c’est manifeste. En temps normal, elle n’aurait pas accepté le dixième de cette exposition devant un quasi inconnu. Je n’en peux plus. Nous allons finir par baiser véritablement devant Thomas avant que l’un ou l’autre ne se décide à faire le premier pas. Je comprends que cette responsabilité me revient. Il n’y a pas d’autre choix. La paume de sa main frotte lourdement ma braguette et dessine les contours de ma verge en totale érection. Je dégage la mienne de son pantalon et saisit son poignet. J’enlève cette main caressante de mon sexe et, dans un geste déterminé, presque autoritaire, je la pose sur la jambe de Thomas. Les lèvres de ma femme se figent, entre-ouvertes, laissant juste filtrer sa respiration vive et haletante. Je vois sa main posée sur le corps de mon pote. Elle entame une caresse de sa jambe, puis de son mollet, et monte ainsi doucement vers son genou et l’intérieur de sa cuisse. Sa bouche reste fixée à la mienne tandis qu’elle pelote fiévreusement mon ami. Je suis hypnotisé par ces premiers attouchements, ce tout premier contact. D’un coup, Thomas lui prend le bras et l’attire à lui d’un seul et même geste. Elle m’abandonne sur-le-champ pour s’étaler sur lui, se jetant sur sa bouche et collant son corps frêle de son long sur celui de son amant. Ils s’embrassent avec avidité. Elle tord son corps sur lui pour se mettre en contact avec toutes les surfaces de son anatomie. Elle se frotte à lui pour lui offrir les siennes, et toute l’envie qu’elle veut lui communiquer. Lui l’enlace de ses gros bras lourds, plaquant sa tête pour écraser sa bouche à la sienne, pressant son bassin pour comprimer son sexe contre son buste. Je contemple la scène, assis à côté d’eux. Ma braguette va exploser. Je m’allume une cigarette pour me détendre (j’étais encore fumeur à l’époque - NDLA). Je voudrais sortir ma queue et me branler, mais je n’ose pas gâcher un tableau aussi magnifique. Je tiens bon et je n’en perd pas une miette. Mon excitation est à son comble. Ça y est, c’est arrivé, nous réalisons notre fantasme. C’est irréel et pourtant c’est bien là. Leur baiser se transforme en étreintes ; je vois ma femme se tortiller sur Thomas comme si elle se masturbait déjà. Puis elle se dégage de lui à moitié, et termine de déboutonner le chemisier devenu anachronique. Elle dégage sa magnifique poitrine au-dessus de lui, et jette le linge au sol. Par-dessus le soutien-gorge, il lui prend les seins à pleines mains et les presse comme des pamplemousses. Mais elle se dégage maintenant de lui entièrement pour faire rouler son pantalon à ses chevilles. Elle se relève pour dégager une jambe, puis l’autre, et la voilà en petite tenue devant Thomas, offerte à ses yeux de toute sa morphologie. Elle remonte sur lui à califourchon et replonge sa langue dedans sa bouche en se frottant à lui sans retenue, sans équivoque. Il amplifie le va et vient en la faisant aller et venir contre sa braguette, ses mains lui écartant les fesses, distendant le sous-vêtement qui laisse percevoir le plein désir sa chatte béante et ruisselante. Pas un instant, elle a jeté un regard vers moi. Je n’existais plus. Ils créaient leur intimité, ils étaient dans leur monde. Je l’ai voulu, je l’avais.

3 commentaires

Un bon ami #4

Par Le Couple le 12 novembre 2021

Tout à fait délicieux
Bravo.pour la prose, l authenticité, le partage des ressentis. L avant , est tout aussi important que le pendant... quant à l’après il exaltera certainement le couple pour d autres futurs présents. :-)...
Merci

Un bon ami #4

Par Calmaresse le 12 novembre 2021

Waww ... quel récit, j’adore, je vais lire la suite tout de suite.

Un bon ami #4

Par Joueursexe le 11 novembre 2021

Quel plaisir de lire vos récits ...Sensualité, érotisme. L’instant précédent l’acte, l’esprit en ébullition, est le moment privilégié ou l’excitation monte, les corps se découvrent. Mon plaisir candauliste est à son paroxysme. Plus que l’acte sexuel en lui-même, c’est l’instant qui me comble le plus.